Douleurs miroir

(1 avis client)

4,4914,00 TTC

Titre : Douleurs miroir

Auteurs : Barjy L. et Charly Reinhardt

Collection : Reality

Genre : Littérature contemporaine

ISBN Papier : 978-2-37521-099-4

ISBN Numérique : 978-2-37521-100-7

148 pages

  • Broché
  • Ebook
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Description

Douleurs miroir de Barjy L. et Charly Reinhardt

Un regard sur notre histoire – Barjy L. :

L’intolérance…

Jonas la connait bien, il la côtoie tous les jours.
Il la subit.
Il en est responsable aussi, parfois.
Est-ce qu’une après-midi et un vieux photographe pourraient changer les choses ?
Peuvent-ils suffire à transformer le regard des autres, et celui qu’on pose sur sa propre existence ?

De bleu et de rouille – Charly Reinhardt :

Pour lui, tout n’est que couleurs et sexe.
Des corps, de la crasse, des teintes qui l’obsèdent et dont il ne parviendra jamais à restaurer les nuances. Une addiction trop ancrée en lui pour qu’il puisse s’en défaire.
À moins que la rouille et le bleu qui s’invitent dans sa vie ne constituent un début de réponse ?

Brand

Barjy L

Charly Reinhardt / Cha Raev

Informations complémentaires

Poids ND
Format

Broché, Ebook

Niveau d'érotisme

1 avis pour Douleurs miroir

  1. Rochel

    Pour être honnête, j’étais remplie d’appréhension avant de l’ouvrir, parce que les thèmes étaient en dehors de ma zone de confort en terme de lectures. J’ai emmagasiné beaucoup de récits de mal-être adolescent/jeune adulte de par mon boulot dans une mission locale à une époque, et franchement, je suis devenue réfractaire et trèèèès susceptible à la façon dont ces souffrances du quotidien sont très souvent retranscrites façon feuilleton M6 en littérature. De manière générale, les histoires « drame contemporain-tranche de vie » ne sont pas ma came, parce que quand tu t’es embourbé dans les aspects bien crades de la vie des autres pendant des années, ce n’est franchement pas ce que tu as envie de retrouver sur ta table de nuit en rentrant chez toi.
    Mais j’y suis allée, poussée par la curiosité de découvrir la plume de noms que je côtoie ici, et un type de littérature qui ne m’est pas familier.
    Première nouvelle, « un regard sur notre histoire ».
    Sur le fond : aaaaah, mon dieu, un lycée, une salle de classe, des errances d’adolescents, tout ce qui me fait fuir d’ordinaire. Mais là, un peu comme Jonas, je me suis laissée captiver par un vieux monsieur venu raconter une vie si lointaine que les souvenirs en sont devenus des capsules temporelles idéalisées, les moments les plus beaux, les flashs qui restent imprimés sur la rétine du cœur quand tout le reste est tombé dans l’obscurité de l’oubli. Je dois le dire, Jonas a été un accessoire pour moi dans cette histoire, une chambre d’échos à tout ce que j’éprouvais pour l’histoire de Paul. Et je comprenais le combat intérieur de ce jeune, ce qui le rongeait, que le plus bel aspect de sa vie soit le plus moche aux yeux des autres, le secret qui le bouffe, l’inéluctabilité qui le broie lentement mais sûrement. Mais j’étais fascinée par Paul, et face à cela, l’histoire de Jonas et Hakim n’est qu’une résonance qui ne m’a pas faite vibrer comme celle du vieux monsieur. Je peux l’avouer : j’ai eu les larmes aux yeux une paire de fois. Et je ne m’y attendais vraiment pas. Surtout vu le contexte (les errances d’un ado/jeune adulte contemporain, un sujet dont je suis plus que blasée), le format (une nouvelle, alors que je suis passionnée de longues sagas), le style (un parlé jeune pour s’ancrer dans l’authenticité, mais dont la vulgarité me fait facilement décrocher). Je me suis faite faucher comme une newbie, malgré tous les a priori que j’avais sur cette lecture. Mais seulement par Paul et la vague destructrice et révélatrice que son récit représentait pour Jonas.
    De ce fait, j’ai un peu l’impression d’être passée à côté de l’intention première de l’auteure, sans doute. De m’être focalisée sur le second rôle au lieu de l’acteur principal. Les autres personnages, leurs oppositions et acceptations, les différentes facettes qu’ils amenaient au récit par leurs archétypes, ne m’ont pas plus embarquée. A cause de ce côté « casting de la diversité » assumé qui permet de représenter les multiples angles de réception et de réaction qu’on peut attendre.
    Sur la forme : j’éprouve toujours des difficultés à lire des histoires modernes qui utilisent le « parler jeune », même si je comprends la démarche de réalisme. Ça me fait déconnecter du texte, et je le supporte dans les dialogues quand ça n’est pas permanent, mais pas dans la narration. Je suis habituée à la belle langue, aux tournures intelligentes même lorsqu’elles sont crues, et ce récit est abrupte, écorché, reflète l’immaturité et les errances chaotique de Jonas. Je valide la dimension immersive nécessaire à la narration à la première personne avec ce langage de jeune défavorisé mais loin d’être stupide, mais je n’accroche pas. Ça, c’est juste une question de sensibilité personnelle (et de mes jeunes années à endurer la promiscuité des racailloux de cité).
    Pour conclure, c’est un bel exploit de m’avoir émue malgré tous les handicaps posés par le contexte et la forme narrative ! (Et MC Solaar s’écrit avec 2 a !)
    Deuxième nouvelle, « de bleu et de rouille ».
    Sur le fond : wooow, même en ayant laissé un jour de décompression entre les deux récits, l’effet douche écossaise a été violent. Positivement violent. Le personnage est plus mature, analyse parfaitement ses propres mécanismes de destruction et de création, jusque dans sa perte de contrôle. Je me suis sentie plus proche de ce récit pour plein de raisons : d’abord, le contexte. Paris, ses masques, ses réalités crues, sa laideur magnifique. Quand on fréquente les milieux alternatifs, la nuit parisienne devient une toile de fond surréaliste et pourtant familière, intime dans sa démesure, et j’ai retrouvé tout cela dans ce récit. Les excès dans lesquels on se noie, le ridicule qu’on assume, la honte qui s’accroche, le besoin d’expérimenter plus et la lassitude, les frontières qui s’effacent et l’identité qui s’échappe.
    Greg pousse tout cela jusque dans ses derniers retranchements, et j’ai mis un moment à savoir ce qu’il recherchait le plus, entre la fuite en avant et la volonté de retrouver ce qu’il a perdu. Au final, je pense qu’il n’y a pas de constante ou de vérité absolue dans sa quête. Il est embarqué dans des montagnes russes qui lui donnent autant envie de gerber que de lever les bras et de hurler sa trouille et son exaltation. Ca fiche le tournis, et pas mal de fois, je me suis retrouvée paumée dans son vertige, dans le creux de la vague avec lui, à ne pas voir non plus où tout cela allait le mener. Et c’est plutôt une bonne chose, l’imprévisible, en littérature. C’est une ligne très fine sur laquelle avancer sans perdre le lecteur dans des circonvolutions, des rétropédalages, des répétitions, mais quand c’est bien fait, ça a le goût du vrai, parce qu’aucune vie n’est parfaitement scénarisée avec une évolution constante et de l’inédit à chaque jour. C’est ce que j’ai trouvé dans ce récit.
    Je me suis posé pas mal de questions aussi, sur la prise de risque de Greg, et surtout celle qu’il fait subir aux autres. Particulièrement dans le cas des jumeaux, ces profils solaires, naïfs et auto-centrés sur leur duo, et pourtant généreux (si je devais mettre un bémol, c’est sur ce couple de personnages, justement, qui m’a paru déconnecté du réalisme du reste de l’oeuvre). Mais c’est aussi ça que j’ai aimé en fait : je n’ai jamais vu Greg comme une victime, ni comme un salaud. Il n’est pas fait pour rentrer dans des cases aussi facilement. Il est humain, variable, inconstant.
    Quand on m’a parlé de ce livre, on m’a évoqué le grand débat autour de cette nouvelle : est-ce que c’est de la dark ou pas ? Je dirais que ça ne peut pas être de la dark romance si ça n’est pas de la romance, déjà. Et je n’ai pas vu l’histoire de Greg comme de la romance. Ca n’a rien de romantique. C’est une galerie de survivants, amochés, qui ont appris à compter sur eux-même et à trouver ce qu’ils peuvent chez les autres. Il n’y a pas de place pour l’amour. Juste pour la compassion, parfois, et l’auto-gratification, souvent. Greg prend autant qu’il donne.
    Je sais que la notion de dark peut changer d’un lecteur à l’autre en fonction de sa sensibilité, et je ne saisis pas forcément la définition exacte de ce terme pour certains : est-ce dans la manipulation de l’autre, un rapport de force inégal, ou simplement une histoire qui n’est pas faite pour bien finir ? Je n’arrive pas à classer ce récit en dark romance, en tout cas, parce qu’il en manque des composantes essentielles : l’illusion d’amour, l’emprise, le mal que l’on inflige volontairement à l’autre. Je n’ai rien trouvé de tout ça. Chacun se débrouille avec ses propres démons sans attendre la rédemption de l’autre. Chacun survit comme il le peut. Tous savent qu’ils sont trop abîmés pour être sauvés, et ils sont parfaitement conscients de servir de béquille chacun à leur façon.
    Sur la forme : là, j’ai retrouvé mes marques : l’amour des mots, de la description viscérale des états et des lieux. C’est souvent cru, oui, mais incroyablement poétique aussi. Les expressions qui font des arabesques et se déforment, se plient aux comparaisons parfois crasseuses, parfois glorieuses. Une aisance décomplexée qui ne se perd jamais dans une complexité artificielle, un lyrisme moderne, ancré dans le béton et la clope froide. J’aurais pu taper des mains sur certaines tournures, devenir verte d’envie parfois. C’est le genre de lecture qui tire vers le haut et donne envie de se dépasser.
    Pour conclure : je ne lirais pas ce genre de récit régulièrement, parce que ça me ramène un peu trop efficacement dans des sphères familières que je cherche justement à fuir, et c’est là qu’on sait que c’est réussi. Ca n’est pas fait pour être une lecture plaisir, ni une échappée. C’est à la fois brûlant et glacé, visqueux et dur, comme la haine de tout que Greg éprouve. Dans sa forme, j’en ai savouré les passages les plus lumineux.
    Maintenant, sur le recueil en lui-même, je cherche encore à établir un lien profond entre les deux nouvelles. Je vois la concordance des thèmes, mais leurs âmes me paraissent trop différentes pour être vraiment un reflet l’une de l’autre.

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