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Totally Nuts – Fish & Chips Serie de Cha Raev

Titre : « Totally Nuts » Tome 1 de la série « Fish & Chips »

Auteur : Cha Raev

Collection : Mixed

Date de parution : Octobre 2017

Genre : Romance contemporaine

 

Totally Nuts – Fish & Chips Serie Tome 1

Cha Raev

 RÉSUMÉ :

Nick, c’est le gars un peu fêlé. Celui qui vit au jour le jour, porte ses tatouages comme d’autres leur veste de costard, et ne peut empêcher son fichu cerveau de sauter du coq à l’âne. Ce qui aurait tendance à lui jouer des tours.
Nat, Nathaniel en fait, c’est le mec calme et posé. Trop calme. Trop posé. Un comptable comme on en trouve un peu partout.
Dès leur première rencontre, Nathaniel Charrington décrète qu’il va résoudre le mystère Nicholas Holloway. Sauf que tout n’est pas affaire de mathématiques, et certaines équations ne sont pas faites pour rentrer dans une case bien lisse. Surtout quand l’énigme ne se trouve pas forcément là où on l’attendait.

Vous les avez croisés dans Totally Nuts. Venez maintenant découvrir la manière dont, deux ans plus tôt, l’eau et l’huile avaient trouvé le moyen de se mélanger.

ISBN Papier : 978-2-37521-044-4 –  Format : broché 127×178 – 200 pages  –  Prix Public TTC : 13 €

ISBN Numérique : 978-2-37521-047-5  –  Prix Public TTC : 3.99 €

 

Extrait du chapitre 1 :

Début de soirée pluvieux dans un petit coin de campagne anglaise…

 

— Patron, il y a un type qui demande à vous voir en salle.

Buster ne daigna même pas tourner la tête vers le jeune serveur qui venait de l’interpeller.

— Tu ne crois pas que j’ai autre chose à faire, non ? Dis-lui d’aller voir ailleurs si j’y suis. Cody, gronda-t-il en s’adressant à un autre de ses employés, remue-moi cette sauce pronto si tu ne veux pas que je vienne te botter le cul !

— Oui, chef, répondit le commis aux cheveux roux en s’empressant d’obéir.

— Patron, insista néanmoins le serveur, je préférerais que vous le lui disiez vous-même…

— Et pourquoi ça ?

Le gosse eut le bon goût de paraître un peu penaud avant de s’expliquer.

— Vous voyez ce groupe de rugbymen qui a débarqué en début de soirée ?

— Ceux qui en sont déjà à la seconde tournée de burgers ?

— La seconde après les trois de fish and chips… Ouais, ceux-là.

— Hé bien ? le pressa Buster en fronçant les sourcils.

La silhouette longiligne du jeune homme se balança d’un pied sur l’autre à plusieurs reprises, témoignant de son inconfort grandissant.

— C’est-à-dire que… Imaginez le plus grand et le plus large. Bon, hé bien, celui-là l’est encore plus, avoua-t-il, mal à l’aise.

Buster leva les yeux vers le jeune homme et fronça les sourcils. Bien que ce dernier le surplombe de toute sa hauteur, il n’en était pas moins dans ses petits souliers. Le regard des mauvais jours produisait généralement cet effet sur les employés du pub. Ça ne rata pas et les yeux du serveur se firent fuyants.

Cela accentua sa mauvaise humeur. Si Travis – à moins que ça ne soit Taylor ? – ne se débarrassait pas rapidement de ses manières timorées, il allait devoir se chercher un autre job. Buster n’était pas là pour materner le personnel, que diable !

En attendant, T-boy se dandinait toujours, espérant une réponse.

— Il a dit ce qu’il me voulait ? grogna Buster.

Le jeune homme rougit alors jusqu’à la racine des cheveux.

— Féliciter la cuisinière, je crois, parvint-il à bafouiller.

— La cuisinière ? La cuisinière ! Il va voir de quel bois elle se chauffe la cuisinière ! mugit Buster en utilisant toute la force de ses bras pour faire faire demi-tour à son fauteuil.

En quelques mouvements fermes, il se propulsa comme une tornade vers les portes donnant sur la salle.

 

Le contraste entre l’atmosphère vaporeuse, presque étouffante, de la cuisine et celle plus sèche de la partie publique du pub envoya un léger frisson courir dans son dos. Le mince filet de sueur qu’il sentait couler le long de sa tempe se figea. Il ne l’essuya pas.

Pas plus qu’il ne prit la peine de contempler le décor familier alors qu’il s’évertuait à se frayer un chemin au milieu des fêtards de tout poil. Maudits vendredis soirs ! Les quelques pieds qui avaient le malheur de se trouver sur son chemin furent écrasés sans remords. Buster ne s’attarda cependant pas assez pour maugréer plus que de vagues excuses, guidé vers son objectif par l’écho de rires tonitruants.

Dans l’immense cheminée de l’ancienne ferme reconvertie en pub, crépitait un bon feu. Les flammes projetaient les ombres mouvantes d’une troupe de géants sur les murs de pierre calcaire. Buster dépassa la dernière table qui lui masquait encore la vue et tomba bel et bien sur une équipe de Golgoths au grand complet. La vingtaine d’hommes étaient tous plus massifs les uns que les autres et, quand ils se frappaient dans le dos, on s’attendait à voir la terre trembler autour d’eux.

Avec son mètre quatre-vingt-cinq et sa carrure qui le prédisposait plus à devenir forgeron que chef cuisinier, Buster n’avait lui-même rien d’un nabot. À tel point qu’il lui avait été plutôt difficile de trouver un fauteuil roulant à sa taille après l’accident qui lui avait coûté l’usage de ses jambes. À côté de ces types, il se sentait pourtant aussi épais qu’une crevette. Et encore, la plupart d’entre eux étaient assis, ce qui les ramenait à une taille raisonnable.

Buster profita de ce que l’un des joueurs annonçait très directement de quelle manière il allait disposer du contenu de sa vessie pour se glisser dans l’espace libéré par le gaillard. Sans s’embarrasser de salamalecs, il abattit sa large paluche sur l’épaule non moins imposante de l’homme à côté duquel il venait de s’insérer. Celui-ci se retourna et lui présenta un grand sourire un peu édenté ainsi qu’un gigantesque coquart à l’œil droit.

— J’peux t’aider, mon pote ? s’enquit le mec sans même avoir à élever la voix pour se faire entendre par-dessus la musique.

— Vous avez demandé à me voir ?

Il laissa l’homme fouiller sa mémoire pour savoir de quoi il pouvait bien s’agir. Pas de doute que les trois pintes vides en face de lui ne devaient pas aider. Pourtant une lueur de compréhension éclaira soudain ses yeux. Son sourire s’élargit pour se transformer en un rire quasi incontrôlable qui manqua d’ouvrir son visage en deux. Quand cette hilarité se calma, il posa un battoir lourd comme une enclume sur l’épaule de Buster avant de héler l’un de ses coéquipiers.

— Hey, Nuts ! On a trouvé ta cuisinière ! Toujours partant pour des fiançailles rapides ?

Buster se tourna vers l’homme que l’édenté venait d’interpeller. T-boy n’avait pas menti : ce gars mesurait au moins une bonne demi-tête de plus que tous les autres joueurs. Sans compter la largeur de ses épaules sur lesquelles on devait pouvoir atteler une petite carriole…

Lorsque ce géant blond se retourna, dévoilant un visage mangé d’une barbe aussi dorée que ses cheveux, ce furent ses yeux qui retinrent aussitôt l’attention de Buster. Rieurs et étirés par de petites ridules d’expression, ils étaient de la plus douce et de la plus chaleureuse nuance de brun.

Tandis qu’ils se dévisageaient, le sourire du dénommé Nuts s’élargit jusqu’à se frayer un chemin à l’intérieur de Buster, dans cette petite partie de lui-même qu’il avait verrouillée à quintuple tour depuis si longtemps qu’elle semblait n’avoir jamais existé. Mais les yeux chocolat chaud n’en avaient rien à cirer des cadenas et des verrous. Ils se contentaient de les faire fondre avant de suggérer des images aussi délirantes qu’une soirée au coin du feu à siroter un bon whisky écossais en écoutant le chien ronfler sur le tapis.

Bordel, Buster n’aimait même pas les chiens !

L’irascible cuisinier se secoua afin de se libérer de cet étrange sortilège. Dans le même temps, le voisin du Goliath asséna à ce dernier une bourrade si vigoureuse qu’elle aurait envoyé voler Buster. Le coup n’ébranla même pas la force tranquille de cette montagne de muscles. Ce n’était pas un mec, mais un Shire[1].

Une réflexion balancée avec un grand rire gouailleur sortit les deux hommes de leur transe.

— Alors, Nuts, tu veux toujours marier la cuisinière pour la ramener au pays ? s’esclaffa l’un des joueurs en entourant de son bras les épaules de son équipier.

Il n’en faisait pas tout à fait le tour.

Mais ce qui cloua vraiment Buster au fond de son fauteuil, ce fut la réponse du dénommé Nuts. Une réponse faite d’une voix profonde et rugueuse comme un single malt très tourbé, et pourtant aussi suave que ce premier goût qui vous invite toujours à plonger plus avant dans l’ambre liquide.

— Plus que jamais, déclara celui-ci sans lâcher Buster des yeux.

Pour la première fois depuis bien longtemps, ce dernier sentit une chaleur suspecte monter jusqu’à la pointe de ses oreilles. En espérant que la rougeur qui devait colorer ses joues puisse passer pour un effet secondaire du feu de cheminée. Celui-ci ronflait toujours à quelques pas de là, répandant dans la pièce une agréable odeur de bois un peu vert et de fumée.

— Et j’ai mon mot à dire dans l’affaire ? parvint à maugréer Buster en fixant les visages hilares qui l’entouraient.

— Ça, c’est pas dit, s’esclaffa un autre rugbyman. Ce que Nuts veut, Dieu le veut !

Mieux valait s’adresser directement au géant blond.

— Et je peux savoir ce qui vous pousse à vouloir kidnapper la cuisinière ?

Un sourire un peu confus illumina le visage barbu avant que Nuts ne désigne la pile – ou plutôt la montagne – d’assiettes qui s’entassait devant lui. À vue de nez, ce type venait d’engloutir de quoi nourrir une petite armée. Pendant une bonne semaine…

— Vous aimez vraiment mon fish and chips.

L’homme se cala contre le dossier trop étroit de sa chaise, ses grandes mains caressant son ventre repu.

— Je n’en avais jamais mangé d’aussi bon.

— C’est juste du fish and chips… articula Buster, un peu dubitatif.

— Laisse tomber, s’amusa son voisin de gauche. Ce mec est têtu comme un Gallois.

— Il est Gallois, répondit doctement celui de droite. S’il a décidé qu’il était amoureux de ton fish and chips, t’as plus qu’à sauter dans une robe blanche, mec. Enfin, façon de parler… bredouilla le type avant de se mettre à rougir d’embarras en fixant son fauteuil.

— Je peux pas plutôt mettre la petite bleue ? La traîne de la blanche se prend tout le temps dans les roues, ironisa aussitôt Buster.

Ce genre de déclaration mettrait l’assemblée assez mal à l’aise pour couper court à cette situation ubuesque. Une tactique éprouvée et approuvée. Le meilleur moyen pour qu’on lui foute la paix. Comme prévu, un silence gêné s’abattit sur la tablée, uniquement troublé par le grondement sourd des conversations et des verres qui s’entrechoquaient tout autour d’eux. Du moins jusqu’à ce que le rire de Nuts vienne s’écraser sur cette chape de plomb, la fissurant pour mieux la pulvériser.

— Si vous voyiez vos tronches, les mecs ! On dirait qu’on vient de se prendre une branlée monumentale par ces peigne-culs du Somerset ! Relax ! Il se fout de vous, et vous, vous marchez comme des bleus…

Quelques rires encore un peu embarrassés commencèrent à s’élever autour de la table. La vingtaine de gaillards cherchait à poser leurs regards partout ailleurs que sur Buster et son fauteuil. Tous sauf un. Un géant blond aux allures de Viking qui lui offrit un sourire de connivence auquel il fut bien difficile de ne pas répondre.

— Ça te gêne pas trop pour bosser ? Dans la cuisine, et tout ? essaya bravement le premier type auquel Buster avait parlé. Parce que ton fish and chips, c’est vrai qu’il est sacrément bon !

— Elles t’ont manqué tes dents de devant pour mastiquer ? rétorqua le cuisinier en levant un sourcil sarcastique.

La bouche du mec resta suspendue en un O parfait tandis que le reste de la table se mettait à le charrier. Un élan de compassion qui ne lui était pas familier envahit néanmoins Buster à la vue de ce solide gaillard qui le fixait désormais avec un air interdit. Et sans qu’il sache vraiment pourquoi, il se surprit à répondre sincèrement à la question.

— J’étais propriétaire du pub depuis un moment quand j’ai eu mon accident. Le menu et les routines étaient déjà en place. On a juste un peu aménagé la cuisine pour que je puisse continuer à botter le cul de mes commis, mais ce sont eux qui font la majeure partie du boulot. Pour ce que j’en vois, je pourrais même lâcher la rampe…

— Mais t’as peur de tourner en rond chez toi à pas savoir quoi faire ?

— Ouais, je finirais par devenir dingue, répondit Buster avec plus de gravité qu’il ne l’aurait voulu. Mais c’est surtout que ce tas de feignants se tournerait les pouces si je n’étais plus sur leurs dos ! conclut-il, sachant que cette pointe d’humour empêcherait, du moins en partie, la pitié de s’infiltrer dans les regards de l’équipe.

Or la pitié, c’était la dernière chose dont Buster voulait. C’était cette putain de pitié qui l’avait éloigné de ses amis après l’accident. C’était elle aussi qui l’avait poussé à chasser Nick de sa vie. Il ne supportait plus de voir celui qui avait été son meilleur ami et son compagnon toute sa vie durant le regarder avec cette infâme lueur dans les yeux. Celle-là même qui lui susurrait chaque jour qu’il n’était plus qu’une épave, un homme fini.

Il le savait déjà et n’avait besoin de personne pour lui rappeler qu’il ne foutrait plus les pieds dans un avion, qu’il ne pourrait plus jamais se promener dans les vagues sous peine de rouiller, ou que c’en était fini d’enrouler ses jambes autour des hanches de son amant pour le retenir en lui un peu plus longtemps.

Ni lui ni Nick n’avaient pu supporter cette mascarade de relation qu’ils maintenaient autant par habitude que par culpabilité mal placée. Alors Buster avait décidé qu’il aurait pitié à son tour. Il avait claqué la porte de leur cottage pour venir s’installer dans une des dépendances de la ferme qu’il avait fait aménager en habitation.

— Accident de quoi ? demanda soudain la voix profonde de Nuts.

Le mec penchait sa large tête sur le côté, comme si la réponse lui importait vraiment.

— Parachute. Il s’est ouvert trop tard pour ralentir complètement ma chute. Quelques secondes plus tard et je finissais en jelly au pied des falaises…

— Et je n’aurais jamais pu goûter à ton fish and chips ? répliqua aussitôt Nuts en prenant une mine faussement horrifiée. Un truc pareil méritait bien une intervention divine !

— Carrément, renchérit un autre joueur en bout de table qui n’avait pas encore parlé. Et si tu parviens à passer la corde au cou de cet emmerdeur, dit-il en désignant Nuts, on saura que tout arrive pour une bonne raison !

— Au cas où vous n’auriez pas remarqué, la cuisinière est un cuisinier, ricana alors Buster.

— Et canon avec ça ! répondit Nuts du tac au tac. Ce qui arrange doublement mes affaires…

Buster manqua de s’étouffer avec sa salive quand le géant lui adressa un clin d’œil sous ses sourcils broussailleux. Un clin d’œil, bordel ! Le reste de la tablée partit d’un rire aussi tonitruant que les précédents en fixant son air éberlué.

— Faut qu’on te dise un truc, mec, déclara alors le joueur édenté en entourant les épaules de Buster de son bras. Nuts, c’est pas son vrai nom, dit-il en désignant son coéquipier du pouce.

— Vraiment ? ironisa le chef.

— Nan, c’est une fille qui l’a surnommé comme ça. Mais comme on n’a jamais su pourquoi, y a plusieurs théories qui s’affrontent. La plus répandue c’est qu’elle aurait crié ça en voyant ses boules, déclara l’homme dans un murmure qui ne parvenait décidément pas à sonner comme une confidence.

— Comme si Nuts avait laissé une fille s’approcher un jour de ses noix ! tonna alors le capitaine de l’équipe.

Celui se renversa sur sa chaise en se frappant les cuisses, donnant le fin mot de l’anecdote. Tous les autres gars partagèrent sa bruyante hilarité.

Le regard de Buster rencontra les yeux chocolat du géant blond qui se contenta de hausser ses larges épaules. Un sourire un peu mystérieux et très tendre étirait sa bouche à demi dissimulée sous l’épaisse barbe. Sachant parfaitement que les ridules au coin de ses lèvres diraient à l’autre homme tout ce qu’il avait besoin de savoir, Buster s’autorisa à lui répondre.

Un toussotement discret parvint à percer l’étrange brouillard qui avait enveloppé de sa tiédeur duveteuse la perpétuelle mauvaise humeur dans laquelle vivait Buster depuis maintenant cinq ans. Il se secoua, presque à regret, et avisa T-Boy – encore lui – qui se dandinait d’un pied sur l’autre quelque part derrière son épaule.

Le chef soupira en se tournant vers son serveur et darda sur lui son regard le plus courroucé. Ce gosse ne serait pas le premier à redouter le bleu profond des yeux de Buster. On lui avait assez souvent répété que l’effet de son regard glacé encadré par ses courts cheveux noir corbeau était saisissant. Et pour être saisi, le garçon l’était. Peut-être même un peu trop. Deux secondes de plus sur le grill et il serait à point…

Agacé par le timide dandinement, Buster grogna en fronçant les sourcils.

— Un problème ?

— Trich vous demande au bar, patron. Un souci avec la caisse, je crois.

Le voilà son prétexte pour se dégager de cette tablée un peu trop remuante, un peu trop vivante, à son goût. Il allait surtout pouvoir s’éloigner d’un certain colosse doré qui s’était insinué un peu trop vite sous ses défenses. L’heure de renfiler son armure avait sonné. À en croire le regard doux et triste que lui lança Nuts, celui-ci avait parfaitement compris ce qui était en train de se passer.

Une pointe de culpabilité assaillit Buster, surtout lorsqu’il se rendit compte qu’il n’avait pas complètement envie de quitter toute cette fine équipe. Depuis combien de temps n’avait-il pas fait ça ? Savourer en toute simplicité la douceur d’un vendredi soir au coin du feu, échanger des plaisanteries avec un petit groupe chaleureux pendant qu’à l’extérieur, la pluie anglaise finissait de délaver le ciel.

Ce ne serait pas désagréable de revivre ce genre de moment. Et même de revoir Nuts. Histoire de découvrir quels mystères se dissimulaient dans les yeux cacao. Revoir Nuts ? Quelle connerie ! De qui se moquait-il ? Comme si le mec allait le lui demander, se morigéna Buster en secouant la tête pour lui-même. Tout ça n’était sans doute qu’une vaste blague à mettre sur le compte de la forêt de pintes qui s’étalait sur la table au vernis usé. Qui voudrait d’un type comme lui qui n’avait plus rien à offrir, si ce n’était son mal de vivre encore et un bon paquet de rêves brisés ? Sûrement pas un colosse de rugbyman aussi sexy que charismatique avec ses muscles parfaitement dessinés et ses yeux chocolat chaud.

Un second toussotement, un peu moins discret celui-ci, ramena Buster à la réalité. Il salua la tablée de la tête.

— Gentlemen, ce fut un plaisir, mais le devoir m’appelle. Profitez de votre soirée. Travis…, interpella-t-il son serveur.

— Terry, patron, le corrigea le jeune homme avec une moue un peu peinée.

Et merde ! Ni Travis, ni Taylor donc…

— Hum, oui désolé. Terry, ressers une tournée à ces messieurs. Elle est pour moi.

Un chœur de vivats salua cette déclaration et Buster leur dédia un dernier signe de la main avant de s’éloigner, évitant à dessein un certain regard.

[1]
Le Shire est une race de cheval de trait britannique originaire du nord de l’Angleterre. Il est aussi surnommé gentil géant grâce à sa docilité et à sa grande taille.

 

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Réédition de « Totally Nuts » le 6 novembre 2017 sur toutes les plateformes et librairies à la commande !

En avant première à la Y/Con Paris 2017 les 14 et 15 octobre prochains.

Edition numérique ou Edition broché

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