Mords-moi si tu peux ! Ebook

Mords-moi si tu peux !

MR Stevens

Collection Mixed
Genre : Romance Bit-lit

Paru le 24/11/2016
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Prix : 3,99 € Prix Public TTC

Résumé

Mords-moi si tu peux ! de MR Stevens

Si l’on vous dit qu’un vampire brille parfois au soleil, cela vous évoque-t-il quelque chose ? Pour Mike, le jeune alpha de la meute Hollyster, c’est surtout synonyme d’ennuis. De gros ennuis Surtout quand le vampire en question est Cody Latimer, enduit de colle et de paillettes par ses Bêtas le jour même de la rentrée. Entre les loups-garous et les vampires, cette agression signe le début d’une guerre des blagues aux conséquences aussi loufoques qu’inattendues.

Chapitre 1

Cody Latimer a vingt ans, ce qui est relativement jeune pour un vampire déjà Maître de son nid. Excepté qu’il tient sa puissance de son géniteur. Contrairement à la croyance populaire, les vampires peuvent avoir des enfants et ceux-ci bénéficient de la force de leurs parents. Plus un vampire est âgé, plus il a de potentiel et plus ses enfants en auront également. A fortiori quand, comme Cody, l’enfant descend de deux éminents vampires nés. Son père, Richard Latimer, est assez puissant pour contrôler toute la population vampirique du sud des États-Unis, soit environ quarante pour cent des vampires américains. Sa mère, Marcia – héritière d’une famille italienne arrivée avec les premiers migrants –  est la fille de celui qui contrôle le nord des États-Unis.

La puissance d’un vampire vient également de son âge. Marcia avait un peu plus de six cents ans au moment de la naissance de Cody. Richard était bien plus âgé, même si personne ne connaît avec certitude sa date de naissance. C’est une information jalousement gardée et il entretient savamment le mystère. Richard est, par exemple, connu pour donner l’impression d’être né à une époque et vous remercier ensuite de lui avoir appris quelque chose sur cette même époque, vous faisant douter qu’il l’ait vécue.

En général, un vampire aime garder l’attitude et le code vestimentaire de l’époque de sa naissance ou de sa transformation. Richard ne fait jamais ça. Il met un point d’honneur à toujours être à la pointe de la mode, qu’elle soit vestimentaire ou linguistique. Il est tout aussi incollable sur la culture-pop. C’est quelque chose que Cody admire beaucoup chez son père, cette capacité d’adaptation qui lui a valu le surnom de Caméléon. Ce qui a beaucoup fait rire Richard quand il l’a découvert. Pendant un mois, tout le monde a dû l’appeler Jarod, comme le personnage principal de la série « Le Caméléon ». Cody aime ça aussi chez son père, cette capacité qu’il a à rire de lui-même sans tomber dans l’excès. Malgré tout, le puissant vampire reste craint et respecté. C’est le parfait exemple à suivre et Cody entend bien marcher sur les traces paternelles. Ce pourquoi il s’oriente vers un MBA, un Master en Administration des Affaires ou Master of Business Administration. Après avoir longtemps réfléchi, Cody a choisi ce diplôme en se disant que ça l’aiderait à développer ses capacités de management et, surtout, ses capacités d’adaptation. Il faut être un requin réactif dans le monde des affaires.

« Requin de la finance » n’est pourtant pas le terme qu’on associe immédiatement à Cody. La plupart des gens disent de lui qu’il est un gentil garçon. D’ailleurs, avec ses cheveux châtains toujours ébouriffés, ses yeux bruns et cette espèce d’air gouailleur, il donne l’irrésistible impression d’être un éternel gamin. Jusqu’à ce qu’il sorte les crocs. Et il a prouvé qu’il en était capable en devenant Maître juste avant d’intégrer l’université un an plus tôt. On pourrait croire que parce qu’il est le fils de Richard Latimer Cody a bénéficié de passe-droits. Et l’on se tromperait. Il a passé l’examen comme tous les autres prétendants au titre de Maître. Et Cody a remporté toutes les épreuves haut la main. Il a fait preuve de détermination, d’agilité, de puissance et d’intelligence, avec juste ce qu’il fallait de ruse et de cruauté pour impressionner les juges. Juges qui venaient d’autres pays pour que personne ne soit accusé de favoritisme. Voila comment Cody est devenu Maître.

Sauf que là tout de suite, alors qu’il entre dans la maison qu’il a achetée sur le campus, le vampire n’a plus rien de la créature surnaturelle surpuissante et maîtresse d’elle-même qui inspire camaraderie et respect aux autres. À cet instant, alors qu’il claque la porte d’entrée à en faire trembler les murs, il a l’air d’un gamin en colère et couvert de paillettes. Ça aurait de quoi faire sortir de ses gonds n’importe qui. Cody n’est pourtant pas prompt à la colère, mais ce genre de gamineries l’agace prodigieusement.

Est-ce qu’il aurait réagi de la même manière si c’était venu  de quelqu’un d’autre que des cabots d’Hollyster ? Non, parce que Cody est assez honnête et lucide pour avouer que venant de n’importe qui d’autre, il aurait ri et évacué l’incident d’un haussement d’épaules. Sauf que voilà, les pailleteurs sont Carlos et Noclas, les seconds de la meute d’abrutis Hollyster. Et là, ça lui reste en travers de la gorge.

Pour une raison inconnue, Cody Latimer et Mike Hollyster se sont détestés au premier regard. Cody est le premier à reconnaître que c’est complètement irrationnel, mais quand son regard a croisé celui du loup-garou, une colère flamboyante a pris naissance au creux de son ventre, est remontée dans sa gorge, bloquant son souffle. Ses canines sont sorties et ses yeux ont pris la couleur argentée propre à son statut de Maître. En réponse, les propres crocs d’Hollyster sont apparus et ses yeux ont flashé doré, la teinte de l’Alpha. Depuis, les deux jeunes hommes se vouent une haine farouche alors qu’ils ne se sont jamais adressés la parole. Toute l’université est au courant et quand les membres du nid et ceux de la meute se retrouvent malencontreusement au même endroit, chaque personne présente veille à bien rester hors de leur chemin, personnel enseignant compris, histoire ne pas devenir un dommage collatéral. Même si le conflit est confiné aux sifflements rageurs et autres grognements saupoudrés de quelques insultes, la prudence reste de mise. En tout cas, jusqu’à présent.

— Kaylana ! beugle Cody depuis le hall d’entrée.

Une jeune femme qui a l’air d’avoir à peine vingt ans, mais en ayant en réalité plus de deux cents, passe sa tête blonde par-dessus la rambarde du deuxième étage. Ses yeux bleus presque délavés se plantent dans ceux du Maître et un lent sourire étire ses lèvres pleines maquillées d’un rouge agressif.

— Eh bien, eh bien, commence-t-elle avant d’être sèchement coupée.

— Ferme-la si tu tiens à tes crocs ! feule Cody. Et ramène ton cul.

Elle arque un sourcil. Pour qu’il parle de cette manière, c’est qu’il est réellement énervé. Et une seule chose peut le mettre dans cet état : la meute Hollyster. Les paillettes qui transforment le vénéré chef de nid en boule disco ne doivent pas non plus être étrangères au phénomène. Kaylana retient un soupir et saute souplement par-dessus la rambarde pour atterrir presque sans bruit dans le hall, à quelques pas de Cody.

— Noclas bave toujours autant devant toi ? demande Cody.

— Autant qu’un escargot devant une salade bien fraîche, acquiesce-t-elle.

— Parfait. Débrouille-toi pour lui piquer les clés de la Tanière de la meute.

Une lueur calculatrice s’allume dans le regard de Kaylana. Lueur en totale contradiction avec son physique de poupée de porcelaine. Cody a déjà vu des gamins d’à peine vingt ans lui tenir la porte, alors que la galanterie n’est plus de mise dans cette époque et ce depuis bien longtemps. En réaction, Kaylana glousse comme une écervelée, jouant de son physique pour que les autres se plient en quatre pour elle. Sauf que sous ses airs fragiles se cache une vipère. Ceux qui l’ont vue en action l’ont surnommée « Le Fer de Lance » à cause du serpent du même nom, l’un des reptiles les plus dangereux et venimeux de la planète. De plus, cet animal à sang froid est connu pour ses capacités de camouflage. Tout comme Kaylana. Qui pourrait croire qu’elle a un jour arraché la tête d’un homme dans la rue parce qu’il l’avait sifflée ? En la voyant pour la première fois, tout le monde pense que c’est une plaisanterie. Et en général, ceux qui réfutent sa dangerosité ne vivent pas assez longtemps pour changer d’avis.

La jeune femme sourit, laissant entrevoir un croc et ronronne presque.

— Tu veux la clé d’origine ou une copie suffira ? demande-t-elle.

Cody n’a même pas besoin de réfléchir.

— Une copie. Je ne veux pas que les cabots se rendent compte qu’il leur manque une clé et qu’ils changent les serrures par précaution.

— Je t’apporte ça tout de suite, déclare-t-elle.

Il regarde Kaylana remonter dans sa chambre, perplexe. Elle cache Noclas dans sa piaule ou quoi ? Quand elle redescend quelques secondes plus tard en lui tendant une petite clé et un papier, il arque un sourcil interrogateur.

— Noclas est un grand rêveur. Il m’a donné une clé et le code de l’alarme le semestre dernier en disant que je pouvais passer quand je voulais et surtout faire comme chez moi s’il n’était pas là, révèle-t-elle.

— Eh bien, l’espoir fait vivre, je suppose, se moque Cody.

— Et il espère tellement qu’il vivra probablement trois ou quatre millénaires, se gausse la blonde.

— D’un autre côté, ce serait impoli de ne pas accepter l’invitation, n’est-ce pas ? ironise le jeune Maître.

— Absolument. Et nous ne sommes pas impolis.

Malheureusement, les croyances populaires sont parfois correctes, même si ce n’est que partiellement. Par exemple, celle qui dit qu’un buveur de sang ne peut pas rester au soleil ne concerne que les plus jeunes vampires qui doivent se protéger au maximum. Une autre croyance, complètement exacte cette fois-ci, déclare qu’un vampire est incapable d’entrer dans une habitation privée sans y être invité. Ça n’arrange pas vraiment Cody même s’il n’a pas le choix. Il devra faire avec.

— Tu es d’accord pour une petite revanche demain après-midi ? questionne Cody.

— Pas de problème, chef, sourit la blonde, ravie de jouer un tour aux cabots de la meute.

— Malheureusement, tu devras le faire seule, puisque tu es la seule à avoir été invitée.

— Peut-être pas, fait une voix au fort accent britannique en provenance de la cuisine.

Un homme immense aux longs cheveux blonds, transformé au début de la trentaine, sort de la cuisine. Malgré sa taille, l’homme se déplace aussi silencieusement et furtivement qu’une ombre. C’est d’ailleurs pour ça que presque huit cents ans plus tôt, il a changé son prénom – qu’il refuse de révéler – pour Kaspian. Littéralement « Celui qui se cache », et il est doué pour ça. Si l’ancien Viking ne veut pas que vous vous rendiez compte de sa présence, vous pouvez passer à côté de lui sans le remarquer. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard. À sa manière, Kaspian est aussi dangereux que Kaylana.

En fait, les deux vampires ne font pas réellement partie  du nid de Cody. Ils sont là parce que Richard Latimer a décidé que son unique héritier ne pouvait pas aller seul à l’université. Il lui a donc assigné des gardes du corps. Cody doit bien avouer que, sur le coup, il n’a pas trop apprécié. Après tout, il est un Maître-Vampire, il n’a pas besoin de gardes du corps. Heureusement pour lui, les deux vampires qui ont été désignés sont ses amis depuis qu’il est tout petit. Kaspian et Kaylana ont toujours fait partie de sa vie, ce qui rend les choses plus faciles.

Avec le temps, les deux blonds ont même lentement commencé à migrer du nid de son père vers le sien. Et s’ils en profitent pour glander sur les bancs de la fac, eh bien disons que tout le monde est gagnant.

— Je veux dire que quand j’ai baisé le petit Scott l’autre jour, il m’a gentiment invité à venir lui rendre visite quand je le voulais. Et bien sûr, je peux amener un ami avec moi, ricane Kaspian

— C’est qui Scott ? interroge Cody en fronçant les sourcils. Et comment as-tu réussi à obtenir une invitation aussi ouverte ?

— Tu connais Scott, argue Kaylana. C’est celui qui ressemble à un chiot et qui n’a pas inventé l’eau chaude.

— C’est aussi celui qui avait vraiment besoin de jouir, explique Kaspian.

— Bon, je ne vois pas qui c’est, mais on s’en fout. Bien joué, Kas, félicite Cody.

Ce qui lui vaut un grognement en réponse. Parce que Kaspian déteste qu’on l’appelle Kas et Cody le sait parfaitement.

— Ils sont combien à vivre dans la Tanière ? demande-t-il.

— Une vingtaine en permanence et environ une dizaine d’autres qui naviguent entre la Tanière et leurs logements en dehors du campus, révèle Kaylana.

L’information fait tourner la tête des deux hommes vers elle et Kaylana hausse les épaules devant leurs regards suspicieux.

— C’est fou ce qu’un cabot peut révéler pour se vanter devant une nana qu’il veut tirer, lâche-t-elle avec mépris.

— Tu devrais essayer, contre Kaspian avec nonchalance. Les cabots sont toujours partants et se foutent du lieu.

— Contrairement à un certain vampire gay que je ne nommerai pas, je ne baise pas avec n’importe qui, argumente-t-elle.

C’est une vieille dispute entre ces deux-là. Kaylana pratique ce qu’elle appelle « une sélection rigoureuse ». En réalité, elle ne couche qu’avec des vampires. Tous les autres sont hors course. A contrario, Kaspian saute tous les mecs qui veulent bien écarter les fesses. Il a même couché avec une goule une fois. Ce que la blonde a appelé une abomination a été pour le Viking une simple erreur de parcours. Il répète d’ailleurs à qui veut bien l’écouter, et même à ceux qui ne veulent pas, qu’on ne peut pas dire « j’aime pas » tant qu’on n’a pas essayé.

Cody n’a aucune envie d’entendre cette vieille rengaine, aussi tape-t-il dans ses mains, comme un maître d’école le ferait en maternelle. Et quand il parle, il le fait sur le même registre, mais la pointe d’autorité qui se glisse dans sa voix ne trompe pas les deux autres.

— Les enfants, on se calme. Nous avons des courses à faire.

— Ah bon ? s’étonne Kaspian.

— Quel genre ? interroge Kaylana.

— Du genre animalerie et bricolage. Allez, en route !

Référence

Auteur MR Stevens
Série Mords-moi !
Format Ebook
Pagination 232 pages
ISBN 9782375210291